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treize administrateurs et mandataires judicaires renvoyés en correctionnelle

25 octobre 2006. Quand le Crédit lyonnais cajolait les faillites

Treize administrateurs et mandataires judiciaires viennent d'être renvoyés en correctionnelle pour «corruption passive» .

Epilogue provisoire de l'une des vieilles affaires du Crédit lyonnais : sa filiale SDBO, dirigée par un ancien président de chambre au tribunal de commerce de Paris, avait pour objet de cajoler les professionnels des faillites. Elle leur accordait des prêts personnels avec intérêt inférieur aux taux du marché; en retour, ces administrateurs confiaient à la SDBO la trésorerie des boîtes en faillite sans qu'elle soit correctement rémunérée.

Le donnant, donnant est explicite : «C'est avec plaisir que nous ramenons le taux de votre prêt à 4 % l'an; cet accord vous est donné considération prise de nos relations commerciales et y demeurera étroitement lié.» Cet échange de mauvais procédés ­ baptisé «clause de fidélité» ­ fut longtemps un secret de polichinelle avant que le fisc n'y mette le holà en 1996. Depuis, le Conseil national des administrateurs judiciaires, soucieux de se refaire une virginité, a enjoint ses troupes de placer la trésorerie des entreprises à la Caisse des dépôts. Dans le cadre de l'enquête pénale, un expert comptable a calculé le montant des ristournes consenti aux administrateurs mis en cause (différence entre le taux consenti à titre personnel et le taux de marché) : le total cumulé entre 1983 et 1996 dépasse 44 millions de francs. En tête du palmarès: Me Didier Segard (8,4 millions), Me Isabelle Didier (3,8 millions) et Me Dominique Schmitt (3,6 millions).
En milieu de tableau, Me Régis Valliot (2,8 millions), actuel administrateur de Libération , à qui la SDBO accordait un brevet de moindre «voracité» (pour reprendre le terme de l'accusation): «Par rapport aux autres, les demandes de Me Valliot apparaissent bien modestes.»
D'autres banques (Rivaud, Monod, Gallière...) faisaient de même, mais sont passées entre les gouttes.
Libération, 25 octobre 2006, p. 16, Treize administrateurs judiciaires renvoyés en correctionnelle à Paris. Par Renaud LECADRE QUOTIDIEN : Mercredi 25 octobre 2006 - 06:00

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22/05/2010

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